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EULER Leonhard
1707-1783
Suisse, élève
de Jean
Bernoulli. Sans doute un des plus grands mathématiciens
de tous les temps. Il s'installa à Saint Petersbourg auprès de Pierre Ier le
Grand puis à Berlin (1741) sous le règne de Frédéric II. Vers la fin de sa vie, alors aveugle, il revint à Saint-Petersbourg invité
par Catherine II.
Son oeuvre est considérable.
Euler
intervint dans les trois domaines fondamentaux de la science de son époque :
- L'astronomie (orbites planétaires, trajectoires des comètes).
- Les sciences
physiques (champs magnétiques, hydrodynamique, optique, nature ondulatoire de
la lumière,...)
- Les mathématiques, dans toutes ses branches, de l'arithmétique
à la géométrie différentielle
en passant par l'analyse numérique et fonctionnelle, le calcul des variations,
les courbes et les surfaces algébriques, le calcul des probabilités et les
premiers aspects de la théorie des graphes et de la topologie.
Ses fils Jean-Albert (1734-1800), Charles (1740-1790) et
Christophe (1743-1812) furent aussi des mathématiciens renommés à
Saint-Petersbourg.
- Fondateur de l'analyse fonctionnelle, il
publiera de nombreux traités, précisera la notion de fonction et adoptera la notation
f(x), également utilisée par Clairaut,
pour désigner l'image par une fonction f d'un nombre x, plus adaptée que celle
de Jean
Bernoulli qui utilisait la notation fx.
- Prolongeant les travaux des
Bernoulli,
il affine la notion de fonction dérivée, crée la notion d'équation
aux dérivées partielles (1734) et le calcul
des variations (1744) : recherche d'extremums sur les
surfaces, une des branches les plus fécondes de l'analyse.
- En
1770, Euler publie en allemand (le latin est de plus en plus révolu dans les
publications scientifiques) une Introduction complète à l'algèbre
(Vollständige Einleitung zur Algebra) où l'on peut considérer que tout sera
dit quant aux nombres négatifs
et à leur statut définitif de véritable nombre. De même, les nombres
complexes (encore appelés imaginaires, le qualificatif complexe
est de Gauss
avec la forme a + bi), sont définis et leurs propriétés étudiées.
- Euler conçoit déjà la notion de
nombre
transcendant, voire de fonction
transcendante : que l'on ne peut obtenir qu'au moyen
de séries convergentes (comme p,
e, ln 2 et plus généralement ex, sin x, ln x,...). Cependant, R
n'étant pas encore construit, les notions de limite, de différentielle et de
convergence restent ecore approximatives. Le concept de continuité n'est pas
encore exhibé ni, a fortiori, celui de continuité uniforme pouvant assurer,
dans le cas d'une série convergente de fonctions, la continuité de la somme.
Ces préoccupations apparaîtront tout particulièrement dès le début du 19e
siècle avec Bolzano, Cauchy, Abel,
puis Riemann
et Weierstrass.
Le développement du calcul différentiel et intégral répond
à la volonté de résoudre efficacement les grands problèmes scientifiques :
l'aube du siècle des lumières est celle de la technologie (mécanique,
hydraulique, production d'énergie : vapeur, électricité). Il s'agit de
comprendre les lois de la nature, du mouvement (vitesse, accélération,
extremums).
- Cercle
des neuf points d'Euler
: étant donné un
triangle ABC d'orthocentre H, ce cercle passe par les pieds des hauteurs, les
pieds des médianes et les milieux de AH, BH et CH. Son centre W
est le milieu de OH (O étant le centre du cercle circonscrit).
- Droite d'Euler : si le
triangle n'est pas équilatéral, c'est la droite (OH) contenant G, centre
de gravité du triangle ABC, et W.
-
Dans son
traité Introductio in Analysin infinitorum (1748), il procède à une
vaste synthèse des connaissances en matière de fonctions trigonométriques,
logarithmes et exponentielles (de base quelconque) en posant par, définition
que :
Si y = ax
(fonction exponentielle de base a, a > 0, a ¹
1 ) alors x est le
logarithme de y dans la base a :
y = ax
x = loga y
- Euler assoit l'usage définitif :
de la notation
p ;
de la notation i
pour la "racine carrée" de -1 (1777), plus rigoureusement pour le
nombre complexe
dont le carré est - 1;
de la notation ex
pour la fonction exponentielle, osé pour l'époque puisque e n'est pas
rationnel.
où se rencontrent, dans la seconde, les cinq grands et mystérieux
nombres de l'analyse réelle et complexe. Euler ayant noté
- C'est à Euler
que l'on doit l'écriture ci-dessous afin de définir le logarithme hyperbolique,
dit de nos jours népérien,
forgé sur le nom de John
Napier (Neper), autrefois noté Log et noté
aujourd'hui ln :
lnx (pour tout x > 0)
Le nombre
e est tel que ln e = 1.
Constante
d'Euler : Dans son Introductio, Euler établit
l'existence de la célèbre constante qui portera son nom :
où ln désigne le logarithme népérien. La nature de C
(aussi notée g
, gamma minucule grec : g), algébrique, irrationnelle,
voire transcendante, est un problème ouvert. On en connaît aujourd'hui
quelques 20 000 décimales. Rappelons que c'est parfois le nombre
e, base des logarithmes népériens qui est appelé constante
d'Euler.
Calcul de la constante d'Euler ,
C
= 0,57721566490153286060...:
- Reprenant un célèbre problème arithmétique
de Pythagore,
présent dans les Eléments d'Euclide,
Euler étudie les nombres
parfaits , c'est-à-dire égaux à la somme de leurs
diviseurs propres, comme 6, 28, 496, ... (un diviseur
propre d'un nombre entier est un diviseur de ce nombre autre que lui-même).
Euler conjectura et prouva :
un nombre pair
N est parfait si et seulement si 2n - 1 est premier et s'il est de la forme 2n-1(2n - 1)
L'entier 8128 = 26(27 - 1) est ainsi le
quatrième nombre parfait pair ,
le cinquième est 33550336 avec n = 13. Rappelons que l'existence de nombres
parfaits impairs est un problème
ouvert.
- Euler
prouva également (1732) la non primarité (en général) des nombres
de Fermat , liés à ceux de Mersenne,
en montrant que F5 est divisible par 641. S'attaquant au fameux grand
théorème de Fermat, il leprouva pour le cas n = 3.
- Formule
pour les polyèdres convexes : dite souvent de Euler
(1752), mais que l'on doit en fait, d'après Hilbert,
à Descartes
et qui sera complètement établie par Cauchy
:
S - A + F = 2
où S, F et A désignent respectivement le nombre de sommets,
de faces et d'arêtes. De cette formule, on déduit facilement qu'il n'y a que cinq
polyèdres réguliers convexes.
-
Euler intervint également en analyse
statistique (problèmes d'ajustement) dans son traité
des Inégalités du mouvement de Saturne et
Jupiter .
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