Notion sur les géométries non euclidiennes


Considérons un segment [AB]. Elevons les segments isométriques [BC] et [AD] perpendiculaires à [AB]. Joignons C et D. On obtient un quadrilatère : s'il vous semble évident que c'est un rectangle, pour le prouver, il vous faudra utiliser le 5ème postulat d'Euclide (axiome des parallèles) : par un point situé hors d'une droite, on ne peut faire passer qu'une seule parallèle à cette droite. Les quatre premiers postulats d'Euclide permettent de prouver l'égalité des angles en C et en D. Le cinquième postulat permet de prouver que ces angles sont droits. Inversement, si nous admettons que ces angles sont droits, alors ils sont égaux (4è postulat) et le 5ème postulat en découle.

Il y a ainsi 3 hypothèses : 

  • celle de l'angle droit : C et D sont droits et nous obtenons la géométrie euclidienne élémentaire (géométrie plane et géométrie de l'espace)

  • celle de l'angle obtus : C et D sont obtus et nous obtenons la géométrie de Riemann, dite de la sphère où les droites sont ses grands cercles et les triangles, des triangles sphériques : les droites sont les grands cercles de la sphère. Pour aller d'un point à un autre de la sphère par le chemin le plus court, il faut suivre le grand cercle passant par ces points. C'est le principe utilisé en navigation maritime et aérienne. Deux droites quelconques se rencontrent donc en deux points. Pour cette géométrie, la somme des angles d'un triangle (triangle sphérique) est supérieure à 180° : sur le dessin de droite, le triangle dont les côtés sont des quarts de méridiens possède déjà deux angles droits… (cette somme est constante, elle ne dépend que du rayon de courbure de la sphère, donc que de sa courbure).

  • celle de l'angle aigu : C et D sont aigus et nous obtenons la géométrie de Lobatchevski, dite aussi de Bolyai , entrevue par Gauss et étudiée également par Beltrami, dont une représentation peut être donnée sur la pseudosphère :

Ces nouvelles géométries s'avèrent adaptées à l'étude de notre univers où l'on a pu constater que la matière "courbe" l'espace dans lequel elle évolue (trou noir, rayons lumineux au voisinage du Soleil) , corroborant la théorie de la relativité générale (1916) d'Albert Einstein (1879-1955) dans une conception non euclidienne de l'espace.